Maître, un souvenir lui survient-il alors qu'il est dans la métamorphose ? » Il répondit : « Oui, ô Jabir. Il peut marcher sur la route sous une charge ou sans charge, et il se tourne à droite et à gauche, regardant sa forme humaine dans laquelle il était. Il ne sait pas comment revenir à ce sur quoi il était, et il ne sait pas que son déni de son Maître Amir Almouminines l'a mené à cette fin. Il s'arrête dans sa marche, réfléchissant et regrettant sa forme humaine dans laquelle il était. Il est alors frappé, pourtant il ne marche pas. Son souvenir s'en va à cette heure tandis que le bâton le frappe, pourtant il ne bouge pas de sa place. Celui qui ne sait pas dit : "Il est devenu têtu", mais ce n'est que son souvenir de ce qu'il était autrefois. Puis l'oubli tombe sur lui instantanément, et il marche et revient à ce sur quoi il était. S'il était resté dans son souvenir, sa vésicule biliaire aurait éclaté de chagrin et il serait mort de regret ; mais il oublie et se tourne vers ce qui est requis de lui. »
Parmi ce qui témoigne de la justesse de la réincarnation figure le dire du Sublime et de l'Exalté : {Nous avons prédestiné la mort parmi vous. Nous ne serons point empêchés ❁ de vous remplacer par vos semblables, et de vous faire renaître dans [un état] que vous ne savez pas. ❁ Vous avez certainement connu la première création. Ne vous rappelez-vous donc pas ?}1.
Et les paroles de l'Exalté : {Quoi ! Cet être (la fille) élevé au milieu des parures (al-hilya) et qui, dans la dispute, ne peut s'exprimer clairement ?}2. Les bêtes ont des parures par lesquelles elles sont connues ; les chevaux, les mules, les ânes et les chameaux sont élevés dans des parures et sont connus par elles tout comme les gens connaissent les humains par leurs attributs et leurs noms, si ce n'est que leurs formes sont non-parlantes et non-claires parce qu'elles sont privées de la parole.




